ADaptation de l’AGriculture et des Ecosystèmes anthropisés au changement climatique

ACCAE
"Adaptation au Changement Climatique
de l'Algriculture et des Ecosystèmes"

Congrès interdisciplinaire

 

INRA   ADAGE   UBP


https://www1.clermont.inra.fr/urep/accae/index.php



20-22 octobre 2010 Clermont-Ferrand
Organisé par la Fédération de Recherche en Environnement
du site clermontois avec le soutien de l’INRA


La publication du 4ème rapport du GIEC au cours de l’année 2007* a renforcé la crédibilité scientifique et sociétale de la réalité du phénomène du changement climatique. Même s’il est généralement très délicat d’isoler l’action éventuelle du réchauffement global de celui d’un grand nombre d’autres facteurs, il est possible d’observer des impacts sur les écosystèmes cultivés ou naturels, en particulier au niveau de leur phénologie (pour la France, dates de floraison des arbres fruitiers, de vendange et de semis du maïs) mais aussi, dans certains cas, de leur productivité (forêts). Ils attestent de la réalité d’un climat actuel significativement différent de celui des années 1940-1970 et très vraisemblablement en cours d’évolution sous l’action de l’augmentation de la concentration des GES dans l’atmosphère.

Pour la fin du siècle, les différents scénarios évaluent les conséquences de concentrations atmosphériques en CO2 situées en gros entre 540 et 950 ppm. L’accroissement moyen de la température de surface est estimé, d’après les simulations réalisées pour le 4ème rapport du GIEC, devoir être de 1,8 à 4°C entre 1980-1999 et 2090-2099. Cette augmentation serait sans précédent dans les 10 000 dernières années. En plus de ces variations de climat moyen, il est vraisemblable que le changement climatique s’accompagne d’un accroissement de la variabilité temporelle et spatiale et des extrêmes. Le rapport 2007 du GIEC commence à préfigurer un avenir climatique à géométrie variable suivant les scénarios d’émission de gaz à effet de serre (GES). Pour un scénario socio-économique (SRES) donné, l’estimation des impacts du changement climatique nécessite de disposer de projections climatiques régionalisées, conjuguant une haute résolution spatiale et une variabilité temporelle réaliste des températures et des précipitations. Les écarts entre modèles climatiques, entre méthodes de régionalisation (anomalies, désagrégation statistique…) et entre modèles d’impacts se conjuguent pour augmenter les incertitudes. De plus, les modèles d’impact actuels rendent mal compte des seuils climatiques pour la phénologie ou la reproduction, des interactions biotiques (biologie du sol, pathogènes, etc.) et des interactions entre changement atmosphérique (CO2, ozone…) et changement climatique **. Pour les écosystèmes peu anthropisés, la dynamique de la biodiversité demeure difficile à prévoir. Enfin, les démarches actuelles de modélisation ne prennent pas suffisamment en compte la dynamique spatiale. Il est particulièrement difficile d’évaluer les réarrangements spatiaux résultant des dynamiques de migration, d’extinction ou d’invasion accompagnant le changement climatique, dans un contexte marqué par de nombreuses autres pressions *** sur la biodiversité des écosystèmes anthropisés.

Pour chaque agro-écosystème, dans chaque filière, une cascade de répercussions sur les modes d’utilisation des terres, sur les besoins en eau, sur la qualité des sols, sur la pression de pathogènes, sur les besoins en intrants et en énergie, sur l’origine, la qualité et la typicité des produits doit être envisagée, en analysant tout particulièrement les rétroactions sur les émissions de gaz à effet de serre, sur les ressources naturelles et sur la biodiversité.

L’adaptation cherche à limiter les vulnérabilités, ce qui devrait limiter l’impact du changement climatique ****. Les agriculteurs, les éleveurs ou les forestiers disposent déjà de nombreuses options techniques d’adaptation pour des changements marginaux des systèmes existants. Ces adaptations autonomes des pratiques s’inscrivent dans le prolongement de stratégies de maîtrise du risque climatique, qui demandent encore des efforts de recherche. Cependant, pour tous les systèmes, certaines formes d’adaptation nécessiteront un effort de recherche qui pourrait demander plusieurs années, voire plusieurs décennies : par exemple, création d’un matériel génétique adapté, mise au point d’un système d’alerte et d’aide à la décision en réponse à une variabilité climatique accrue, mise au point d’observatoires permettant de capitaliser les adaptations en cours, etc. Il faudrait donc mieux connaître les façons dont les producteurs observent, évaluent et adaptent leurs pratiques en réponse au changement climatique.

* Climate Change 2007: Climate Change Impacts, Adaptations et Vulnerability, IPCC Working Group II, Cambridge University Press, Cambridge, England.

** Tubiello, F. Soussana, J.F. Howden, S. M. and Easterling W (2007). Crop and pasture response to climate change. PNAS, 104, 50, 19686-19690.

*** ESCO – Agriculture et biodiversité (2008)

**** ONERC, Stratégie nationale d’adaptation.

Directeur de publication : Jean-François SOUSSANA

Administrateur : Sylvie TOILLON

Dernière mise à jour : 29 Mars 2010


  Copyright © 2009 (tous droits réservés) | Mentions legales | Crédits |